Sous-projet 3 :

Analyse des représentations et des usages / IMS, MICA, Techne

 

L'équipe  RUDII pour "Représentations, Usages, Développements et Ingénieries de l’Information" regroupe des enseignants-chercheurs et des professionnels. Elle fait partie du laboratoire IMS (UMR 5218 CNRS-INP). Elle est intégrée au groupe "Cognitique".

 

Présentation scientifique 

Les Ingénieries de l’Information désignent un ensemble de démarches, méthodes, dispositifs techniques mis en œuvre dans la conception d'activités ou de dispositifs d’information afin d'atteindre efficacement un objectif informationnel (recherche, veille, découverte, archivage, accessibilité des informations). Elles visent le développement des compétences et des usages informationnels dans le cadre du montage de dispositifs d’information pour répondre à une demande donnée dans une variété de situations (professionnelles, culturelles, scolaires, d’apprentissage…), dans des environnements de travail et/ou de loisir, dans des systèmes d’information dédiés parmi lesquels les environnements numériques de travail (ENT), les plateformes de formation à distance (LMS pour la FOAD, e-learning), les systèmes dédiés à la gestion et à l’accompagnement de la connaissance, les systèmes de simulation de l’activité ou d’anticipation de situations séculières (scénarii d’urgence, de gestion de crise,…), les outils de médiation scientifique, technologique ou documentaire. Les chercheurs de RUDII analysent également les représentations et les imaginaires autour des technologies et des accès à l’information, ainsi que les conditions de mise à disposition de l’information et de son accessibilité.

Enjeux

Les projets pédagogiques utilisant les technologies du numérique ont en général pour ambition de contribuer à améliorer les apprentissages, en dynamisant les contenus, la motivation des apprenants, en proposant des dispositifs différenciés et en personnalisant les parcours pédagogiques. Mais il est nécessaire de vérifier si les politiques numériques sont réellement efficaces, si elles répondent à des besoins identifiés, analysés sur le long terme, dans des territoires.

Du côté des élèves comme de celui des enseignants, l’identification des usages et de l’usabilité des technologies numériques ne va pas de soi. L’image des “digital natives” qui seraient naturellement à l’aise avec le numérique n’a jamais eu de sens dans la réalité des pratiques scolaires. Le facteur générationnel a très peu de poids par rapport à d’autres facteurs sociaux, cognitifs, culturels. Le numérique est susceptible de creuser les écarts entre les jeunes pour qui il constitue un atout supplémentaire, souvent utilisé dans la famille dans une logique de développement social, et ceux qui en ont un usage purement ludique et communicationnel. Pour ceux-là, il peut être un facteur d’aggravation de la démobilisation scolaire et d’augmentation du décrochage. C’est la raison pour laquelle les équipes du projet Perseverons ont proposé de travailler sur la dimension tangible et objectale du numérique, centrée sur la découverte, le projet, la création et la manipulation, en observant précisément les interactions hommes-machines, les interactions entre les élèves, entre les enseignants et les élèves, et les changements sociaux et cognitifs.

Plusieurs pistes sont proposées, sur la base des expérimentations déjà menées dans l’académie, de l’expertise développée dans des laboratoires de recherche et en utilisant une synergie déjà en place.

Problématique

Il s’agit, à partir d’une analyse très fine des politiques et des discours sur la place des objets numériques en éducation, d’observer des pratiques pédagogiques réelles dans des situations d’apprentissage captées et analysées. Cette analyse permet d’avoir un recul sur ce qui se produit réellement en classe, dans une perspective comparative et longitudinale. En observant précisément les interactions hommes-machines, les interactions entre les élèves, entre les enseignants et les élèves et en analysant les discours à partir d’entretiens, l’équipe aura pour objectif de mettre en lumière les rapports des élèves à l’objet comme artefact pour apprendre, des enseignants à l’objet pour enseigner, et d’évaluer l’impact des représentations sur les modalités de lecture, d’écriture, de mise en commun du travail scolaire, ainsi que les processus de transfert (translittératie) qui peuvent influencer la motivation et la persévérance scolaire, notamment entre les pratiques non formelles et les pratiques scolaires. On s’intéressera plus précisément aux dimensions informationnelles de ces représentations et de ces usages.

Objectifs

Le projet vise à identifier et comprendre les représentations d’objets numériques tels que les robots chez les jeunes et les enseignants comme leviers réels ou fantasmés qui peuvent ou non inciter et favoriser les apprentissages, au-delà de la simple découverte d’un nouvel objet.

Analyse des discours scientifiques dans le cadre des politiques éducatives

Une première étape de la recherche va consister à identifier précisément les types de discours qui existent actuellement dans le monde scientifique et dans l’institution éducative sur la place de la robotique, du numérique, et plus spécifiquement de l’apprentissage des langages informatiques sur la motivation scolaire. Un rappel de l’histoire des politiques éducatives précèdera une enquête exploratoire sous forme d’entretiens auprès d’équipes de recherche et d’équipes éducatives, dans une perspective comparative, qui permettra de repérer les thématiques et les distributions des discours chez les scientifiques et les spécialistes de l’éducation. La comparaison internationale apporte un éclairage essentiel sur la place des politiques éducatives, des cultures numériques et sur le rôle assigné au « numérique » dans des systèmes éducatifs très différents mais qui se rejoignent dans l’importance accordée aux objets numériques dans l’imaginaire éducatif. Nous tenterons également d’observer par quels objets, quelles thématiques, quelles démarches l’objet numérique est entré dans les programmes d’enseignement des premier et second degrés d’enseignement.

Repérage, analyse et cartographie des sources d’information : l’influence des sites sur les représentations des enseignants

En parallèle, l’analyse d’un corpus de discours scientifiques, politiques et militants du monde associatif et de la sphère du web, à partir d’un choix de revues scientifiques et d’une cartographie du web, permettra de mettre en relation les discours institutionnels avec les points de vue des chercheurs et éventuellement d’identifier des stratégies politiques, économiques et éducatives.

Enquête qualitative auprès des classes

Suivant les équipes qui vont travailler dans les autres sous-projets, les chercheurs de cette équipes vont mettre en place un protocole d’observation qualitative de type ethnographique, de captation audio et vidéo de séances pédagogiques, et mener des enquêtes par entretiens longitudinaux avec les enseignants d’une part, les élèves de l’autre, en suivant dans la mesure du possible quelques classes sur une période de 2 ou 3 ans dans des écoles, des collèges et des lycées.

Seront plus particulièrement observés :

  • les représentations véhiculées par les objets numériques comme les robots et les espaces comme les FabLabs et leur impact sur la motivation déclarée et réelle ;
  • les pratiques numériques individuelles, familiales et scolaires et les interactions entre les pratiques scolaires et non scolaires ;
  • les représentations des enseignants sur les objets numériques, leurs pratiques de formation et leurs usages ;
  • les transferts opérés entre les pratiques autour du numérique et d’autres pratiques scolaires ;
  • les effets des dispositifs numériques comme les FabLabs sur la persévérance à court, moyen et long terme à partir de portraits de quelques jeunes.

 

Equipe

Actualités du sous-projet

Séminaire de recherche Persévérons – 11 octobre 2017

La journée consacrée à la définition de la persévérance dans les protocoles de recherche a permis de montrer la diversité des angles d’approche. Au delà de la variété des échelles et du statut des objets dans la persévérance, les artefacts numériques apparaissent soit comme des supports didactiques, soit comme des outils de communication. La persévérance est […]

L’apprentissage par la robotique : vers une robotique éducationnelle constructiviste ?

Nous souhaitons ici étudier les transformations façonnées et impactées par l’apprentissage de la robotique dans des structures extrascolaires tels que les centres de loisirs. Notre problématique est celle-ci : en quoi et comment l’apprentissage par la robotique favorise et renouvelle l’acquisition de connaissances et compétences transversales (sociales, cognitives, affectives) et stimule la motivation, la créativité […]

L’usage de la robotique à l’école

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